À l’occasion de la 47e édition de la Journée mondiale du tourisme, les acteurs de l’hôtellerie de la Lékié ont été invités à adapter leurs pratiques aux nouvelles exigences du secteur. L’intelligence artificielle, la qualité des services, l’hygiène et la professionnalisation étaient au cœur d’un séminaire organisé le 24 septembre 2026 à Minkamaland, à Obala.
Organisé par la Délégation départementale du Tourisme de la Lékié, ce séminaire de renforcement des capacités a réuni des promoteurs d’établissements hôteliers venus de plusieurs arrondissements du département, ainsi que des formateurs, des apprenants et plusieurs responsables du secteur. Une rencontre placée sous le thème de la 47e édition de la Journée mondiale du tourisme : « Le numérique et l’intelligence artificielle pour repenser le tourisme ».

L’intelligence artificielle au cœur des échanges
Le choix des modules développés au cours de cette rencontre traduisait clairement la volonté de préparer les professionnels du tourisme aux mutations qui traversent leur secteur. Sur les sept modules inscrits au programme, l’intelligence artificielle occupait une place de choix.
Les participants ont ainsi été entretenus sur l’intelligence artificielle au service de l’accueil client, mais également sur son utilisation pour la gestion et le suivi du touriste. Deux thématiques particulièrement importantes dans un secteur où la qualité de l’accueil, la connaissance du client et la capacité à répondre rapidement à ses attentes constituent des enjeux majeurs.
Le délégué départemental du Tourisme de la Lékié, BEKAMBA OUMAROU, a insisté sur la nécessité pour les promoteurs de ne pas rester en marge de cette évolution technologique : « le monde évolue et nous devons évoluer avec le monde. Les promoteurs doivent mettre à jour leur logiciel pour pouvoir intégrer cette nouvelle donne qu’est l’intelligence artificielle ».
Sept modules pour renforcer les compétences
Au-delà de l’intelligence artificielle, les échanges ont porté sur plusieurs autres aspects essentiels au fonctionnement d’un établissement touristique.
Le troisième module était consacré au service d’étages, aux procédures, aux normes et à l’hygiène. Le quatrième portait sur les obligations réglementaires, notamment la fiche de police et les statistiques touristiques. Les participants ont également été entretenus sur les métiers du tourisme, des loisirs et des emplois verts, avant d’aborder la structuration du secteur et les enjeux du professionnalisme, puis le processus de professionnalisation de l’hôtellerie.

Chaque module a été développé par un exposant avec pour objectif de fournir aux promoteurs des outils directement exploitables dans leurs établissements.
Consultant en hôtellerie et restauration, TADONKENG Gaëtan est notamment revenu sur les enseignements relatifs au service des chambres : « Il fallait apporter des connaissances en ce qui concerne la gestion des chambres, la gestion du circuit de nettoyage des chambres et de l’hygiène en chambre pour les femmes de chambre…comment est-ce qu’elles doivent se comporter lorsqu’elles prennent la chambre en charge et avec quels outils elles doivent travailler pour pouvoir donner une chambre propre, digne de ce nom pour les touristes et pour sa structure hôtelière », a-t-il déclaré.
La Lékié invitée à exploiter son potentiel touristique
Cette rencontre a également permis de poser la question de la valorisation du potentiel touristique de la Lékié. NDONGO NGA Tharcisse, qui entretenait l’assistance sur les métiers de l’hôtellerie, a saisi l’occasion pour interpeller les élus locaux.
Pour lui, les collectivités locales gagneraient à davantage investir dans le développement touristique, compte tenu des ressources naturelles dont dispose le département : « Nous avons des montagnes, nous avons des collines, nous avons des forêts, nous avons des fleuves…à leur niveau, ils peuvent rendre ça rentable et ça fait beaucoup de bénéfices au niveau de la commune ».
Une interpellation qui ouvre un débat plus large sur la capacité des communes de la Lékié à transformer leurs atouts naturels en véritables produits touristiques, susceptibles de générer des revenus et de créer des emplois.
Une mobilisation saluée par les responsables du secteur
Le séminaire a également enregistré la présence du Syndicat Autonome des Travailleurs du secteur du Tourisme et des Loisirs au Cameroun (SYNATETLOC). Son président national, NKOMO Arsène, a rappelé que le syndicat est un partenaire du ministère du Tourisme et qu’il accompagne, à ce titre, le ministère dans les activités retenues pour la célébration de cette 47e édition de la Journée mondiale du tourisme.
Le contrôleur numéro 1 de la Délégation régionale du Centre, MOHAMMADOU Awalou, représentant le délégué régional, s’est également félicité de sa participation à cette célébration. « A travers cette célébration, je découvre que la Lékié est un vaste territoire touristique…j’encourage vraiment le délégué départemental ainsi que les promoteurs qui ont contribué pour la bonne réussite de cette activité ».
Même appréciation du côté du ministère. MENGUE OLAME Isabelle Flore, chef service de l’action sociale au ministère du Tourisme, a salué le travail réalisé au niveau départemental : « Nous voyons bien les efforts qui sont fournis au niveau des services déconcentrés. Nous voyons comment la délégation départementale encourage au professionnalisme et surtout à la responsabilité de tous les acteurs du secteur du tourisme et des loisirs…dans la Lékié, nous pouvons compter sur eux pour la valorisation et la promotion du tourisme au Cameroun ».
Des participants satisfaits, une évaluation annoncée
Des apprenants du Centre de promotion de la femme et de la famille de Monatélé ont également pris part aux travaux. Miss Tourisme Cameroun, Germaine Perpétue MBESSA, présente à Minkamaland, a dit repartir avec de nouveaux acquis : « Je rentre étant pleine de nouvelles connaissances, de nouvelles aptitudes et de nouvelles attitudes ». Elle a par ailleurs salué l’engagement du délégué départemental du Tourisme de la Lékié, qu’elle qualifie de « grand bosseur » : « Il n’a pas assez de moyens, mais il fait de la Lékié son point fort…c’est un exemple pour moi », a-t-elle ajouté.

Du côté des promoteurs, la satisfaction était également perceptible. ATANGANA Valère, promoteur de l’auberge ATANGO à Monatélé, a apprécié l’initiative : « Ces séminaires nous permettent nous promoteurs, d’apporter un plus aux clients et à notre personnel. J’en suis vraiment très ravi et très reconnaissant. »
Pour le délégué départemental du Tourisme de la Lékié, cette célébration avait pour ambition de donner aux différents promoteurs les outils nécessaires pour être véritablement à la hauteur des exigences du secteur et respecter les normes en matière de tourisme et de loisirs au Cameroun.
L’objectif ne s’arrête toutefois pas au séminaire. BEKAMBA OUMAROU a indiqué qu’il était d’abord question de donner les « outils nécessaires correctives » aux promoteurs, au regard des constats effectués dans leurs établissements. Une mission d’évaluation sera ensuite menée afin de vérifier si les notions transmises ont effectivement été assimilées et mises en pratique.
Au-delà d’une journée de formation, le rendez-vous de Minkamaland aura donc permis de poser une question essentielle : comment faire de la professionnalisation, du numérique et de l’innovation de véritables leviers pour développer le tourisme dans la Lékié ?
