Elle cultive, transforme et nourrit des millions de familles. Pourtant, celle qui fait vivre nos campagnes et nos villes reste encore trop souvent privée de moyens nécessaires pour aller plus loin.
A l’occasion de la 31e édition de la journée internationale de la femme rurale, célébrée ce 15 octobre 2026, le Cameroun met l’accent sur l’investissement en faveur des femmes rurales. Un impératif économique qui appelle des actions concrètes pour libérer le potentiel de ces actrices incontournables du développement.
Un pilier économique encore sous-financé
« Investir dans la femme rurale: un levier pour la croissance économique et le développement durable ». Le thème retenu au Cameroun pour cette 31e édition porte une ambition claire: reconnaître à la femme rurale sa place dans la transformation économique de notre pays. Mais au-delà des discours, cette reconnaissance doit se traduire par des actes.
Dans nos campagnes, les femmes occupent une place essentielle dans les chaînes de production agricole. Elles cultivent les terres, récoltent les produits, assurent de plus en plus aujourd’hui leur transformation et commercialisent.
Leur travail participe directement à la sécurité alimentaire des ménages ainsi qu’à la vitalité de l’économie locale.
Pourtant, leurs efforts se heurtent encore à des obstacles persistants. L’accès limité au financement, le manque d’équipements adaptés, l’insuffisance de l’accompagnement technique et les difficultés à accéder à certains marchés réduisent considérablement leur capacité à développer leurs activités.
Combien de revenus supplémentaires ces femmes peuvent générer si elles disposaient des outils et de l’accompagnement nécessaires pour produire davantage et donner un peu plus de valeur ajoutée aux fruits de leur travail ?
Les femmes d’ESSOUG ESSAMBA montrent la voie
L’exposition-vitrine organisée récemment au Centre de Documentation et d’Information (CDI) d’Obala le 8 octobre dernier par le GIC des femmes ESSOUG ESSAMBA illustre éloquemment le potentiel de ces travailleuses rurales.

Des cultures de rente aux cultures vivrières et maraichères, ces femmes démontrent, par leur savoir-faire et leur détermination, que l’agriculture peut être un véritable moteur d’autonomisation économique.
Leurs activités contribuent à la prise en charge de leurs familles. Elles vont également au-delà de la production agricole en s’essayant à la transformation artisanale.

Jus de fruits, tomates, chips de plantain au packaging soigné: autant de produits qui témoignent de leur volonté de créer davantage de valeur à partir de leurs récoltes.
Mais leur ambition se heurte à une limite majeure: le manque de matériel approprié, notamment les machines pour transformer leurs produits. Faute d’investissements, elles doivent se contenter des moyens disponibles , au risque de limiter leur production, leurs revenus et leurs débouchés commerciaux.
A l’occasion de cette journée, le message est donc sans équivoque: investir dans la femme rurale ne doit pas rester un slogan de circonstance. Il faut faciliter à ces femmes l’accès aux crédits, mettre à leur disposition des équipements de transformation, renforcer leur formation technique et les accompagner afin que leurs produits soient présents au-delà des marchés locaux et nationaux.
Les femmes rurales ont déjà prouvé leur capacité à produire et à entreprendre. Le véritable défi est désormais de leur donner les moyens de passer à l’échelle supérieure.
Car soutenir ces femmes, c’est investir dans les familles, l’emploi local, la sécurité alimentaire et, au bout du compte, dans la croissance économique du Cameroun.
