Accueillant la deuxième journée des premières assises d’EFRACAM, la commune d’ELIG-MFOMO a posé les bases d’un partenariat ambitieux avec les élus français d’origine camerounaise. Au cœur des échanges : l’économie sociale et solidaire.
La commune d’ELIG-MFOMO a vécu, le jeudi 9 juillet 2026, un moment important de son histoire. À l’occasion de la deuxième journée des premières assises d’EFRACAM (Élus en France d’origine ou de nationalité camerounaise), organisées sous le très haut patronage du Président de la République, Son Excellence Paul BIYA, cette collectivité territoriale a accueilli une délégation d’élus venus de France dans le cadre d’une réflexion sur les mécanismes de coopération décentralisée et de développement local.
À leur arrivée, les membres d’EFRACAM ont été chaleureusement reçus par le Maire de la commune, Stanislas AYISSI, entouré des conseillers municipaux, des chefs traditionnels et de nombreuses forces vives de l’arrondissement. Une cérémonie d’accueil marquée par des échanges empreints de convivialité, mais surtout d’une volonté commune de construire de partenariat durable.
L’économie sociale et solidaire au cœur des échanges
Dans son allocution de bienvenue, le Maire Stanislas AYISSI a salué la présence de cette délégation qu’il considère comme un symbole fort de l’engagement de la diaspora camerounaise en faveur du développement des territoires.
« Vous prouvez que la diaspora camerounaise ne se contente pas de regarder son pays d’origine avec affection, mais elle s’implique concrètement, avec méthode et expertise, dans la coconstruction de nos territoires », a-t-il déclaré.
Placée sous le thème de l’économie sociale et solidaire, cette rencontre a permis au magistrat municipal de rappeler que ce modèle économique constitue aujourd’hui un levier incontournable pour les collectivités locales.

« L’économie sociale et solidaire n’est pas une simple alternative. Elle est une nécessité absolue. Elle est l’outil par excellence pour humaniser l’économie, valoriser nos ressources locales et fixer nos forces vives sur leur territoire », a-t-il souligné. Pour Stanislas AYISSI, il est désormais indispensable de bâtir un développement fondé sur les ressources locales, les initiatives communautaires et la création de richesses au bénéfice direct des populations.
Trois objectifs clairement définis
Le Maire d’ELIG-MFOMO a articulé les attentes de sa commune autour de trois objectifs majeurs.
Le premier consiste à engager un dialogue stratégique avec EFRACAM afin de tirer profit de l’expérience acquise par ces élus dans les collectivités françaises. Selon lui, cette expertise, combinée à la parfaite connaissance des réalités locales, permettra de concevoir des politiques publiques innovantes intégrant pleinement l’économie sociale et solidaire dans les plans communaux de développement.
Le deuxième objectif porte sur l’identification et la valorisation des immenses potentialités d’ELIG-MFOMO. Agriculture, artisanat, ressources foncières et savoir-faire locaux devront constituer les piliers d’une véritable stratégie de transformation économique.
« À travers nos échanges, nous allons identifier des filières porteuses pour passer d’une agriculture de subsistance à une véritable industrialisation territorialisée, créatrice d’emplois décents pour nos jeunes », a expliqué le Maire.
Enfin, la commune souhaite mettre en place une cartographie dynamique des initiatives locales relevant de l’économie sociale et solidaire. Cette démarche permettra d’identifier avec précision les besoins des coopératives féminines, des artisans et des micro-entrepreneurs afin de mieux les accompagner à travers des formations, des outils de renforcement des capacités et des mécanismes de mise en réseau.
Au-delà de ces objectifs, Stanislas AYISSI a plaidé pour un renforcement de la coopération décentralisée à travers le parrainage de la commune par EFRACAM. Une coopération qu’il souhaite fondée sur un véritable partenariat gagnant-gagnant.
Il a précisé qu’il ne s’agit pas d’une « aide passive », rappelant que la commune met à disposition ses terres, ses infrastructures et le dynamisme de ses acteurs économiques, tout en espérant bénéficier d’un meilleur accès aux technologies de transformation, aux marchés internationaux et aux mécanismes de financement.
EFRACAM veut faire d’ELIG-MFOMO un territoire pilote
Prenant la parole à son tour, le président d’EFRACAM, Pierre De Gaëtan NJIKAM, s’est dit particulièrement touché par l’accueil réservé à sa délégation.
« Nous sommes là pour témoigner de ce qu’une partie du Cameroun et une partie de la France se sont associées pour que servir soit leur seul but », a-t-il déclaré.
Visiblement impressionné par les potentialités de la commune, il a affirmé être à la tête d’« une diaspora galvanisée », prête à accompagner les collectivités territoriales camerounaises dans leurs projets de développement.
Selon lui, avant toute action concrète, il est indispensable de bien connaître les réalités, les besoins et les opportunités du territoire. Il a rappelé que de nombreux investisseurs, entrepreneurs et acteurs économiques en France, manifestent un intérêt grandissant pour les territoires ruraux camerounais, convaincus que « l’Afrique profonde » regorge d’immenses opportunités.
Dans cette dynamique, Pierre De Gaëtan NJIKAM a exprimé une ambition forte : faire d’ELIG-MFOMO le territoire pilote de mise en œuvre, au Cameroun, des résolutions issues du Forum mondial de l’économie sociale et solidaire tenu à Bordeaux.

« Je voudrais que ce moment que nous passons à ELIG-MFOMO préfigure le territoire de référence de l’implémentation au Cameroun des résolutions du Forum mondial de l’économie sociale et solidaire. C’est d’ici, à ELIG-MFOMO, que tout partira », a-t-il affirmé avec conviction.
Des actes pour traduire les ambitions
Au terme des échanges, les deux responsables ont réaffirmé leur volonté de transformer cette rencontre en partenariat concret.
Interrogé par la presse, le Maire Stanislas AYISSI a rappelé que près de 80 % de la population de sa commune vit essentiellement de l’agriculture. L’apport technique, matériel et organisationnel d’EFRACAM devrait, selon lui, permettre de moderniser les pratiques agricoles et d’améliorer durablement les revenus des producteurs.
Le président d’EFRACAM a, pour sa part, renouvelé l’engagement de son organisation à accompagner les collectivités territoriales camerounaises dans la recherche de solutions aux besoins essentiels des populations, y compris celles vivant loin des grands centres urbains.
Cette volonté s’est traduite par un geste concret avec la remise d’un important don de matériel médical à l’hôpital de district d’ELIG-MFOMO.
La cérémonie s’est achevée dans une ambiance conviviale par un échange de présents entre la municipalité et la délégation d’EFRACAM, avant une visite des stands d’exposition. Les élus français d’origine camerounaise y ont découvert les produits agricoles, artisanaux et les nombreuses richesses du terroir d’ELIG-MFOMO.

Au-delà des discours et des symboles, cette étape des assises d’EFRACAM laisse entrevoir l’émergence d’une coopération décentralisée plus ambitieuse, fondée sur le partage d’expériences, l’investissement productif et la valorisation des territoires. Pour ELIG-MFOMO, cette rencontre pourrait bien constituer le point de départ d’une nouvelle dynamique de développement local.
