L’Institut Universitaire des Techniques et des Sciences d’Obala entame une nouvelle année avec de nouvelles ambitions. Trois spécialités viennent renforcer une offre de formation pensée pour répondre aux besoins de demain.
Après une première année académique avec quatre filières ouvertes et 32 étudiants, l’Institut Universitaire des Techniques et des Sciences (IUTS) d’OBALA aborde l’année académique 2026-2027 avec une offre élargie. Génie pétrolier, énergies renouvelables et architecture endogène font leur entrée, dans une logique assumée par le Professeur Faustin MVOGO : rapprocher de la Lékié des formations de pointe et pousser les jeunes à devenir, demain, des créateurs d’emplois.
Combler un déficit de formation à OBALA
À l’origine de la création de l’IUTS d’OBALA, il y a d’abord un constat. Selon le recteur, le Professeur Faustin MVOGO, Professeur titulaire des universités à la retraite, plusieurs secteurs de formation étaient encore insuffisamment représentés dans la localité.

L’offre locale était notamment fortement orientée vers l’agriculture et l’élevage. Deux domaines que le recteur ne remet nullement en cause. « Il faut nourrir les gens », rappelle-t-il en substance. Mais pour lui, ces formations doivent être accompagnées par d’autres compétences capables de soutenir et de développer les différents secteurs de l’économie.
C’est cette réflexion qui l’a conduit à solliciter puis obtenir du Ministère de l’Enseignement Supérieur, l’autorisation d’ouvrir l’Institut Universitaire des Techniques et des Sciences d’Obala. L’autorisation permet à l’établissement de proposer jusqu’à 36 spécialités, en fonction des besoins et de la demande.
Après une année d’expérimentation et une première véritable année académique autour de quatre filières, l’IUTS entre donc dans son An 2 avec une offre plus étoffée.
Trois nouvelles spécialités pour cette rentrée académique
À ses 36 spécialités initialement autorisées, le Ministère de l’Enseignement Supérieur a ajouté trois nouvelles possibilités de formation. L’IUTS a choisi de les ouvrir dès cette année académique 2026-2027 : le génie pétrolier, option ingénierie pétrolière, les énergies renouvelables et l’architecture endogène.
Dans le domaine de l’ingénierie pétrolière, l’établissement entend proposer une formation couvrant l’ensemble de la chaîne, de l’exploration à la commercialisation, en passant par l’exploitation et la transformation.
Pour donner une dimension pratique à cette formation, l’IUTS s’est rapproché de NEPTUNE OIL S.A., qui doit accueillir ses étudiants en stage. Selon le Professeur Faustin MVOGO, ces stages pourront même conduire les apprenants sur des plateformes pétrolières. Évoquant l’engagement du PDG de NEPTUNE HOLDING COMPANY, le Dr Antoine NDZENGUE, le recteur affirme : « Il nous a promis toute cette assistance là ».
L’IUTS dispose également d’un partenariat avec TRADEX, autre acteur appelé à contribuer à l’encadrement pratique des étudiants.
Former aux métiers de demain
Les énergies renouvelables constituent l’autre nouveauté majeure de cette rentrée. Pour le recteur, il s’agit d’un secteur à prendre une importance croissante. « On n’est pas sûr qu’on aura tout le temps le pétrole », rappelle-t-il.
Le soleil, le vent ou encore les déchets représentent, autant de ressources qu’il faut apprendre à transformer en sources d’énergie. L’objectif sera donc de donner aux étudiants des compétences leur permettant d’évoluer dans ce secteur en pleine mutation.
Même logique pour l’architecture endogène, qui entend valoriser les matériaux disponibles localement dans la construction. « Notre terre, on peut l’utiliser, nos raphias là, on peut les utiliser », explique le Professeur Faustin MVOGO. Une manière, selon lui, de former des professionnels capables de concevoir des constructions adaptées à leur environnement tout en valorisant les ressources locales.
Des formations qui se veulent concrètes
Ces nouvelles spécialités viennent s’ajouter à des filières déjà ouvertes à l’IUTS, notamment l’administration scolaire, la maintenance des appareils biomédicaux, les sciences infirmières, le génie culinaire ou encore le génie logiciel.
Sur la maintenance des appareils biomédicaux, le recteur cite une expérience vécue l’année dernière comme l’une des séquences dont il est particulièrement fier. Lors de leur stage à l’hôpital militaire de Yaoundé, des étudiants de l’IUTS ont participé à la réparation d’un appareil d’hémodialyse. D’autres étudiants, en stage dans une autre structure hospitalière, ont également contribué à la réparation d’équipements.
En sciences infirmières, les étudiants ont, eux aussi, pu mettre en pratique leurs connaissances lors de leur passage à l’hôpital de district d’Obala, notamment en participant à des opérations chirurgicales.
Le Professeur Faustin MVOGO insiste également sur le génie logiciel, qu’il distingue de la simple informatique. L’enjeu, selon lui, est de former des jeunes capables de créer. « Moi je crois que nos enfants sont tellement intelligents qu’on devrait les mettre dans la création des logiciels, on devrait les mettre à ce niveau-là. Et s’ils commencent à ce niveau, c’est eux qui peuvent nous fabriquer des drones, c’est eux qui peuvent nous mécaniser le travail », déclare-t-il.
Ne plus chercher l’emploi, mais le créer
Derrière cette diversité de formations se trouve une philosophie clairement assumée : l’IUTS veut préparer des jeunes capables de créer leur propre activité.
Le recteur ne veut donc pas que ses étudiants considèrent leur diplôme comme un simple passeport vers un emploi salarié. Pour lui, la formation doit déboucher sur l’initiative et l’entrepreneuriat.
À propos des étudiants en maintenance des appareils biomédicaux par exemple, il conseille ainsi : « Moi je conseille d’ailleurs que mes étudiants, au sortir d’ici, se mettent ensemble et créent des ateliers de maintenance des appareils biomédicaux. Je ne leur donne pas ce conseil de chercher du travail; qu’ils créent des bureaux d’études, de petites sociétés qui leur permettent d’aller vendre cher leurs connaissances ».
Cette vision se prolonge jusque dans le message adressé aux parents. Le Professeur Faustin MVOGO rappelle qu’il est un « spécialiste de la formation ». Même à la retraite, il entend poursuivre cette mission et affirme avoir créé l’IUTS notamment pour permettre à ses enfants et petits-enfants de bénéficier de formations de qualité. « L’IUTS est venu vers les étudiants pour que les étudiants profitent de ces formations de pointe », souligne-t-il.
L’établissement entend également jouer la carte de la proximité. Le génie pétrolier, par exemple, coûterait jusqu’à 1 800 000 FCFA dans certaines universités, contre 600 000 FCFA à l’IUTS, selon les indications du recteur. Pour lui, les partenariats noués avec NEPTUNE OIL et TRADEX contribuent à rendre ces formations plus accessibles.
Une première année jugée « formidable«
Au moment de dresser le bilan de l’année écoulée, le Professeur Faustin MVOGO parle d’une année « formidable ». Avec quatre spécialités ouvertes, l’IUTS avait accueilli 32 étudiants pour sa première année académique.
Pour un établissement qui effectuait ses premiers pas, le chiffre est présenté par son recteur comme un motif de satisfaction, notamment lorsqu’il le compare aux débuts de certains de ses aînés dans le secteur.
Avec l’ouverture de trois nouvelles spécialités et l’ambition de proposer progressivement d’autres formations en fonction des besoins, l’IUTS d’Obala veut désormais franchir un nouveau cap. Reste à transformer cette ambition en résultats durables : c’est précisément là que se mesurera, au fil des années, la pertinence du pari lancé par le Professeur Faustin MVOGO.
