Et si une partie des réponses aux grandes maladies de demain se trouvait dans la biodiversité africaine ? C’est l’une des questions que soulèvent les travaux du Dr Olivier NDOGO ETEME, chimiste camerounais originaire de la Lékié, dont les recherches sur une plante camerounaise ont permis, avec des collaborateurs internationaux, d’identifier des molécules naturelles présentant un intérêt potentiel dans la lutte contre les maladies neurodégénératives.
Une découverte prometteuse, mais pas encore un traitement
Spécialiste de chimie organique, de produits naturels, de chimie médicinale, de cyclotides, de peptides bioactifs et de découverte de molécules thérapeutiques, le Dr Olivier NDOGO ETEME s’intéresse à ce que la nature peut offrir à la médecine moderne. Avec ses collaborateurs internationaux, il a contribué à mettre en évidence, à partir d’une plante camerounaise, des molécules d’origine végétale susceptibles d’ouvrir de nouvelles pistes de recherche dans le domaine des maladies neurodégénératives.
Une précision s’impose cependant : il ne s’agit pas encore d’un traitement contre la maladie d’Alzheimer. La portée de ces travaux réside plutôt dans l’identification d’une classe de molécules naturelles encore peu explorée et qui pourrait, à terme, contribuer à la recherche de nouvelles molécules thérapeutiques.
Cette nuance ne diminue en rien l’intérêt de la découverte. Au contraire, elle rappelle que le développement d’un médicament est un processus long, qui passe notamment par des études approfondies de l’efficacité, de la toxicité, des mécanismes d’action et, éventuellement, des essais cliniques.
La biodiversité africaine, un laboratoire encore sous exploité
L’enjeu dépasse donc le seul cadre de la maladie d’Alzheimer. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, les démences représentent un problème majeur de santé publique à l’échelle mondiale, touchant des millions de personnes et générant une importante charge humaine, sociale et économique.
Dans ce contexte, les travaux du chercheur camerounais mettent en lumière un autre potentiel : celui de la biodiversité africaine. Pendant longtemps, les plantes médicinales du continent ont surtout été abordées sous l’angle de l’ethnobotanique et des savoirs traditionnels. Or, elles peuvent également devenir des objets de recherche pour la chimie moderne.
L’approche défendue par de tels travaux consiste précisément à isoler, caractériser et étudier les molécules présentes dans ces plantes afin d’identifier celles qui pourraient présenter un intérêt biologique ou thérapeutique. La forêt africaine ne serait donc pas seulement une richesse écologique : elle pourrait aussi constituer une véritable bibliothèque moléculaire.
De la Lékié aux laboratoires internationaux
Le parcours d’Olivier NDOGO ETEME illustre cette ouverture de la recherche camerounaise sur le monde. Titulaire d’un doctorat en chimie organique obtenu à l’Université de Yaoundé 1, le chercheur a poursuivi sa formation et développé ses collaborations dans plusieurs pays, notamment en Autriche, au Brésil, en France et aux États-Unis.
Ses travaux ont d’ailleurs reçu une reconnaissance outre-Atlantique. En 2026, l’American Council for Medicinally Active Plants (ACMAP) lui a attribué un Travel Award, offrant davantage de visibilité aux recherches consacrées aux plantes médicinales camerounaises.

Pour la Lékié, cette trajectoire constitue une source de fierté, mais elle pose également une question plus large: comment transformer davantage les richesses naturelles et le potentiel scientifique du Cameroun en innovations utiles à l’humanité ?
Le parcours du Dr Olivier NDOGO ETEME apporte un début de réponse. La matière première est là. Les compétences scientifiques existent. Reste désormais à renforcer les moyens, les infrastructures et les collaborations capables de transformer les découvertes issues de la biodiversité camerounaise en véritables innovations thérapeutiques.
