Le recensement général de la population se poursuit dans plusieurs localités du Cameroun. Dans l’arrondissement d’OBALA , des agents recenseurs dénoncent cependant de nombreux obstacles qui ralentissent leur travail sur le terrain. Au-delà des questions liées au paiement de leurs frais, ces derniers font face à une forte méfiance de certaines populations, parfois accompagnée de menaces ou de refus catégorique de collaborer.
Une mission devenue difficile sur le terrain
Dans les quartiers et villages de l’arrondissement d’OBALA, les agents recenseurs font des descentes dans les ménages afin de collecter les données nécessaires au recensement général de la population. Mais sur le terrain, la tâche semble loin d’être facile.
Approchés par La Vitrine de la Lékié, plusieurs agents recenseurs affirment rencontrer quotidiennement des difficultés dans l’exercice de leur mission. En plus des problèmes financiers déjà évoqués depuis plusieurs jours par certains d’entre eux, la méfiance des populations apparait désormais comme un autre obstacle majeur.
« Beaucoup de personnes refusent de donner leurs informations », nous confie un agent recenseur. Selon lui, certaines familles se montrent particulièrement suspicieuses lorsqu’il s’agit de communiquer des données personnelles à des inconnus. Un autre agent raconte une scène qui illustre le climat de méfiance auquel ils sont confrontés.

Il est arrivé dans un ménage pour faire son travail. La femme présente a appelé son mari au téléphone. Quand elle lui dit qu’un agent recenseur est là et demande certaines informations, le mari a demandé à parler directement avec l’agent recenseur.
Selon ses déclarations, l’homme, présenté comme un militaire, lui aurait immédiatement ordonné de quitter son domicile dans un délai de deux minutes.
Une communication jugée insuffisante
Pour plusieurs agents rencontrés, cette réticence des populations serait en grande partie liée à un déficit de communication autour de cette opération de recensement. « Même certains chefs de villages ne sont pas au courant », nous laisse savoir un agent recenseur. D’après lui, les campagnes de communication n’ont pas suffisamment été menées.
Sur le terrain, cette absence de communication préalable complique les choses. Les agents doivent parfois passer de longues minutes à expliquer leur présence avant même de commencer le recensement.
En plus de ce problème de communication, il y a aussi l’absence de documents officiels. Ces agents disposent certes d’éléments d’identification, mais cela est souvent insuffisant auprès de certaines personnes. « Si au moins, on avait un document signé par exemple par le sous-préfet », pense un agent recenseur.
Malgré ces difficultés, ils sont nombreux ces agents recenseurs qui parcourent chaque jour nos villes, quartiers et villages, pour cette opération de recensement général de la population.

C’est suite à des multiples abus de certains agents et d’autres part les impostures que les populations sont devenus de plus en plus regardant et rigoureux. Le simple fait de savoir qu’un agent a eu accès à votre compteur sans autorisation de son propriétaire soulève des réflexions.