À l’heure où le monde s’apprête à célébrer la fête du travail, la LÉKIÉ doit réfléchir sur l’avenir professionnel de sa jeunesse.
Chaque 1er mai rappelle la noblesse du travail, les combats menés pour la dignité des travailleurs et l’importance de l’emploi dans la construction des sociétés modernes. Dans le département de la LEKIE, cette célébration revêt une résonance particulière.
Terre d’histoire de culture et d’ambitions la LEKIE est aussi une terre de jeunesse. Une jeunesse talentueuse, instruite, entreprenante, mais confrontée à l’un des plus grands défis de notre époque: l’accès à un emploi décent et durable.
A la veille de cette nouvelle édition de la fête du travail, il apparaît essentiel d’ouvrir le débat sur l’emploi des jeunes dans la LEKIE. Car au-delà des défilés, des discours officiels et des réjouissances populaires, une question fondamentale s’impose: quelle place notre département réserve-t-il à sa jeunesse dans le monde du travail ?
Une jeunesse nombreuse, ambitieuse et pleine de potentiel
La LEKIE, située aux portes de Yaoundé, bénéficie d’une position stratégique exceptionnelle. Son dynamisme démographique constitue l’une de ses plus grands de richesses. Chaque année, des centaines de jeunes sortent des universités, des grandes écoles, des centres de formation professionnelle ou encore des lycées techniques avec l’espoir légitime de s’insérer rapidement dans la vie active. Nombre d’entre eux nourrissent de grandes ambitions: créer leur entreprise, intégrer l’administration publique, exercer un métier technique ou participer au développement économique local.
Ils disposent des compétences, de la créativité et de l’énergie nécessaire pour relever les défis du 21e Siècle. Pourtant, entre les rêves et la réalité, le chemin demeure souvent semé d’embûches.
Le chômage et le sous-emploi, une réalité préoccupante
Dans la LEKIE comme dans de nombreuses localités du Cameroun, l’insertion professionnelle des jeunes reste un défi majeur. Beaucoup peinent à décrocher un premier emploi correspondant à leur qualification. D’autres se retrouvent contraints d’accepter des activités précaires, informelles ou éloignées de leur formation initiale.
Cette situation alimente parfois un sentiment de frustration voire de découragement chez de nombreux jeunes. Elle pousse également plusieurs d’entre eux à quitter leur localité d’origine pour tenter leur chance à Yaoundé, à Douala ou dans d’autres grands centres urbains.
Il y en a même qui vont hors du pays, attirés par des offres d’emplois mirobolantes qui en réalité sont des traquenards pour les attirer dans des réseaux de trafic humain. Cet exode, bien qu’il puisse offrir des opportunités individuelles, prive aussi la LEKIE d’une partie précieuse de ses forces vives.
Une terre d’opportunités encore sous-exploitée
Pourtant la LEKIE regorge d’opportunités économiques. Son potentiel agricole est immense. L’agriculture moderne, la transformation des produits locaux, l’élevage, l’agro-industrie et la commercialisation constituent autant de filières porteuses. Le commerce, l’artisanat, les métiers du bâtiment, les services, ainsi que l’économie numérique offrent également des perspectives prometteuses pour les jeunes entrepreneurs.
La proximité avec Yaoundé représente un avantage compétitif considérable. Elle facilite l’accès au marchés, aux investisseurs et aux réseaux professionnels. Le défi consiste désormais à mieux structurer ces opportunités afin qu’elles se traduisent en emplois durables et en création des richesse locale.
Entreprendre: une voie d’avenir
Face à la rareté des emplois salariés, l’entrepreneuriat apparaît comme une alternative crédible et porteuse d’espoir. De nombreux jeunes de la LEKIE l’ont déjà compris. Dans l’agriculture, la transformation alimentaire, le numérique ou encore le commerce, plusieurs initiatives locales démontrent qu’il est possible de réussir en misant sur l’innovation et la persévérance.
Cependant, entreprendre ne s’improvise pas. L’accès au financement, à la formation, au mentorat et à l’accompagnement technique demeure souvent insuffisant. Créer un écosystème local favorable à l’entrepreneuriat des jeunes devrait constituer une priorité absolue pour les pouvoirs publics des collectivités territoriales, l’élite.
Parlant de l’élite, l’on se rappelle qu’il n’y a pas longtemps, peu avant l’élection présidentielle du 12 octobre dernier, une initiative a été lancée par celle-ci dans le but de permettre aux jeunes de la LEKIE de se former et de s’auto-employer. Jusqu’ici, cette initiative n’a pas encore pris corps.
La responsabilité collective
L’emploi des jeunes n’est pas uniquement l’affaire de l’Etat, c’est une responsabilité partagée. Les entreprises locales doivent davantage investir dans la formation et l’insertion professionnelle.
Les institutions éducatives doivent adapter leurs programmes aux réalités du marché. Les élites, les investisseurs et la diaspora peuvent également jouer un rôle déterminant en soutenant les initiatives locales, en finançant des projets innovants et en créant des opportunités d’emploi.
La LEKIE a tout à gagner à miser sur sa jeunesse. Faire du 1er mai un appel à l’actionLa fête du travail doit pas être seulement une journée de célébration. Elle doit aussi être un moment de réflexion, de mobilisation et d’engagement.
À travers cette commémoration, la LEKIE peut affirmer sa volonté de bâtir un avenir où chaque jeune aura la possibilité de travailler, d’entreprendre et de s’épanouir sur sa propre terre.Car une jeunesse employée est une jeunesse confiante. Une jeunesse entreprenante est une force de transformation. Une jeunesse valorisée est le socle d’un développement durable.
L’avenir se construit aujourd’hui
En cette veille du 1er mai, le message est clair: investir dans l’emploi des jeunes dans la LEKIE, c’est investir dans l’avenir de ce département et du Cameroun tout entier.
La LEKIE dispose des ressources humaines exceptionnelles, d’un potentiel économique réel et d’atouts stratégiques indé-niables. Il lui reste à transformer ces avantages en opportunités concrètes. Plus qu’un défi, l’emploi des jeunes est une urgence. Plus qu’une urgence, c’est une ambition collective.
Et si la plus belle manière de célébrer la journée internationale du travail cette année était justement de créer les conditions pour que chaque jeune la LEKIE puisse trouver sa place, exprimer son talent et contribuer pleinement à l’essor de son territoire ?
Voilà le véritable chantier de demain, surtout que le Président de la République a consacré ce mandat aux femmes et…aux jeunes.
