À chaque saison pluvieuse, entre boue et impraticabilité, les routes rurales de notre département peinent à tenir.
Avec le retour des pluies, l’état des routes rurales dans le département de la LEKIE s’est considérablement dégradé, accentuant l’enclavement de nombreuses localités.
Entre difficultés d’accès, pertes économiques et obstacles aux services sociaux de base, les populations paient au quotidien, le prix d’infrastructures insuffisantes, malgré les efforts amorcés dans certaines communes du département.
Des routes impraticables, aggravées par la pluie
Dans plusieurs localités de la LEKIE, se déplacer relève désormais de l’exploit. Les routes en terre, déjà fragilisées par le manque d’entretien, se transforment en véritables pièges dès les premières pluies.
Bourbiers, nids-de-poule béants, ravinements…le décor est le même dans de nombreux villages. Avec le retour des précipitations ces dernières semaines, la situation s’est nettement aggravée. Certains axes sont devenus simplement impraticables, isolant des populations entières. « Quand il pleut, même avec les motos, c’est compliqué chez nous ici », confie un habitant du village MBANEDOUMA dans l’arrondissement d’ELIG-MFOMO.
Dans ces conditions, rejoindre un centre urbain ou même une localité voisine devient un parcours du combattant.
Une économie locale paralysée
Cet enclavement n’est bien évidemment pas sans conséquences sur l’économie locale. La LEKIE, département à forte vocation agricole, voit ses producteurs confrontés à d’énormes difficultés pour écouler leurs récoltes.
Manioc, banane plantain, légumes… autant de produits qui peinent à atteindre les marchés urbains, faute de routes praticables. Résultat: des pertes importantes pour les agriculteurs et une hausse des prix pour les consommateurs.
En effet, avec l’état des routes, le coût du transport augmente et les agriculteurs sont bien obligés de vendre leurs produits plus cher une fois qu’ils atteignent la ville. « Pour partir d’ici pour NKONG-DIBI, en saison sèche, je peux payer 2000 FCFA avec un sac de marchandises. Mais en saison pluvieuse comme ça, la moto ne peut pas me prendre moins de 3000 FCFA jusqu’au goudron », déplore un agriculteur du village ENOBITA, arrondissement d’ELIGMFOMO.
Une situation qui freine non seulement les revenus des ménages, mais aussi le dynamisme économique de tout le département.
Accès au service sociaux: un véritable défi
Au-delà de l’économie, l’état des routes rurales impacte fortement l’accès aux services sociaux de base. En matière de santé, les conséquences peuvent être dramatiques.
Transporter un malade ou une femme enceinte vers un centre de santé devient un défi, surtout en cette période de pluie.Le secteur de l’éducation n’est pas épargné. De nombreux élèves doivent affronter quotidiennement des routes difficiles pour se rendre à l’école.
Des efforts en cours, mais encore insuffisants
Face à cette situation, des initiatives sont toutefois à saluer. Dans certaines communes, notamment à OBALA ou encore ELIG-MFOMO, des travaux de réhabilitation et d’entretien des routes ont été engagés.
Reprofilage d’axes routiers, amélioration de lacirculation: autant d’actions qui témoignent d’une volonté d’améliorer les conditions de vie des populations.
Mais sur le terrain, ces efforts restent encore insuffisants au regard de l’ampleur des besoins. Le manque de moyens financiers, l’absence d’un entretien régulier et la dégradation rapide des routes sous l’effet des pluies limitent l’impact des travaux réalisés.
Pour de nombreux habitants, les changements tardent à se faire sentir de manière durable. « On voit les engins passer, mais quelques mois après, on se retrouve pratiquement dans la même situation » regrette un habitant de MBANEDOUMA.
Des populations en attente des solutions durables
Dans les villages de la LEKIE, les attentes sont fortes. Les populations appellent à des solutions durables pour désenclaver leurs localités. Au-delà des interventions ponctuelles, c’est la question de la qualité des infrastructures et de leur entretien qui est posée.
Le bitumage de certains axes stratégiques, la mise en place de mécanismes d’entretien régulier et une meilleure planification des travaux figurent parmi les pistes évoquées. L’implication des autorités locales, mais aussi de l’Etat et des partenaires au développement, est juste essentielle pour relever ce défi.
Car au-delà des routes, c’est bien le développement du département qui est en jeu. Sans voies d’accès fiables, difficile d’attirer des investissements, de dynamiser les échanges ou d’améliorer les conditions de vie des populations.
Une urgence silencieuse
L’enclavement des zones rurales dans la LEKIE apparait aujourd’hui comme une urgence silencieuse. Chaque saison de pluies vient rappeler la fragilité des infrastructures et l’ampleur des défis à relever.Pour les populations, l’espoir demeure que les efforts engagés se poursuivent et s’intensifient, afin que les routes cessent d’être un obstacle et deviennent enfin un levier de développement.
Dans un village comme ETAKA, arrondissement de MONATELE, les populations gardent espoir de voir leur route être bitumée. En effet, il faut dire que cela est prévu dans le cadre des travaux d’élargissement de l’axe OLEMBE – ECHANGEUR D’OBALA.
