Le 26 août 2026, à l’ouverture du MAITHE MALL de MBOUA à OBALA, Antoine NDZENGUE a
lancé un appel à la « révolte » économique. Pour le PDG du Groupe NEPTUNE HOLDING COMPANY, la Lékié doit désormais produire, transformer et vendre davantage.
Pour Antoine NDZENGUE, le 26 août 2026 restera gravé dans « la mémoire collective et historique » des populations de la Lékié. Jour de l’ouverture officielle du MAITHE MALL d’OBALA, présenté comme le tout premier centre commercial du département, cette date pourrait également marquer, selon le Président Directeur Général de NEPTUNE HOLDING COMPANY, le début d’une nouvelle manière de penser et de construire le développement local.
Le constat d’une diète économique
Dès l’entame de son allocution, le fils d’Obala et de la Lékié a invité les siens à poser un constat sans
complaisance : celui de leur « diète économique« . « La Lékié est quasi absente de la carte économique de notre pays et ne se contente que de quelques activités de substance », a-t-il martelé.
Un constat sévère, mais qui se veut surtout un appel à la prise de conscience. Pour Antoine NDZENGUE, il ne saurait être question de se résigner à cette situation. Le département dispose, selon lui, d’importantes ressources humaines, agricoles et économiques susceptibles de modifier profondément sa trajectoire.
Le moment est donc venu de rejeter cet état de choses et de prendre conscience du potentiel dont dispose le terroir. « Nous allons sonner la cloche de révolte et de notre renaissance pour assurer aux côtés des camerounais, du Nord au Sud de l’Est à l’Ouest, notre devoir de construction de notre économie nationale« , a-t-il déclaré.
Produire davantage, transformer davantage
Né à OBALA, Antoine NDZENGUE dit avoir grandi au milieu des agriculteurs, des éleveurs et des artisans. Il a vu ces hommes et ces femmes produire au prix de nombreux efforts, tout en faisant face à des difficultés parfois « quasi insurmontables » pour écouler leurs produits à un prix juste.
Il a également vu des jeunes quitter leur terroir à la recherche d’opportunités, alors même que celui-ci regorge de nombreuses richesses. C’est de cette expérience qu’est née sa conviction : « OBALA peut faire mieux, la Lékié peut faire mieux et le Cameroun peut en tirer davantage profit ».
Pour le PDG de NEPTUNE HOLDING COMPANY, le développement socio-économique et industriel passe par une nouvelle organisation de la production locale. Il faut produire davantage, mais surtout mieux transformer et mieux vendre. « Nous devons apprendre à mieux organiser ce que nous savons déjà faire », a-t-il lancé.
L’objectif affiché est de permettre à chaque producteur de mieux produire, de mieux vendre et de gagner davantage grâce à son travail. Au cœur de cette ambition se trouve le développement des chaînes de valeur.
Du manioc brut, aux produits transformés
Prenant l’exemple du manioc, Antoine NDZENGUE a dénoncé un modèle économique qui consiste encore à vendre « systématiquement » la tubercule comme simple matière première, sans bénéficier de la valeur ajoutée qu’elle peut générer. Pourtant, le manioc peut être transformé en farine, en amidon, en produits alimentaires et même en produits pharmaceutiques. Autant de produits dont la valeur ajoutée est nettement supérieure à celle de la matière brute.
Le groupe NEPTUNE HOLDING COMPANY envisage ainsi d’organiser la production du manioc dans la Lékié, en accompagnant les agriculteurs dans l’augmentation de leurs superficies et de leurs rendements, avant de collecter et transformer la production localement. L’ambition est claire: faire de la Lékié un bassin de production « intensive » du manioc.
Pourquoi, s’interroge-t-il, ne pas transformer à OBALA le manioc produit à OBALA, y créer des emplois, avant de commercialiser les produits dérivés à travers le Cameroun et même au-delà des frontières nationales ? C’est cette logique que le Groupe NEPTUNE HOLDING COMPANY entend développer à travers des mini-industries installées à proximité des lieux de production.
« Nous devons passer d’un modèle où nous vendons nos matières premières, à un modèle où nous vendons des produits transformés et des produits finis »,a insisté Antoine NDZENGUE.
Financer ceux qui produisent
Mais produire et transformer ne suffisent pas. Encore faut-il financer les acteurs de cette transformation économique. Le PDG de NEPTUNE HOLDING COMPANY appelle ainsi à la mise en place d’un véritable écosystème local dans lequel chacun joue son rôle : l’agriculteur produit, le financier l’accompagne, l’entreprise locale collecte et transforme, tandis que le distributeur met le produit sur le marché. Au bout de cette chaîne, c’est toute la communauté qui gagne.
« Il faut financer ceux qui produisent », soutient Antoine NDZENGUE. Selon lui, il est illusoire de demander à un « agriculteur embryonnaire » de doubler sa production sans lui donner les moyens d’acquérir semences, intrants et équipements. De même, il ne suffit pas d’encourager un jeune diplômé à entreprendre si celui-ci ne peut accéder aux financements nécessaires.
C’est dans cette logique qu’il plaide pour des établissements financiers de proximité, capables de mobiliser l’épargne locale pour la réinjecter dans l’économie sous forme de crédits destinés aux petits entrepreneurs, agriculteurs et autres producteurs.
La vision est résumée en une formule : « l’épargne locale finance la production locale, la production locale alimente la transformation locale et la transformation locale alimente les marchés locaux, les marchés des grandes métropoles et pourquoi pas les marchés à l’exportation« .
Cette démarche s’inscrit également dans la vision gouvernementale d’import-substitution, consistant à produire localement davantage de biens afin de réduire progressivement la dépendance aux importations.
Poulet, maîs et manioc: les premières bases d’un écosystème
L’engagement de NEPTUNE HOLDING COMPANY entend désormais se traduire par des projets concrets. Parmi les initiatives immédiates figure une ambition de produire près de 2 millions de poussins par an, soit environ 20 à 30 000 poulets par semaine, avec l’objectif d' »inonder » les marchés de la Lékié et des grandes métropoles environnantes.
Le groupe envisage parallèlement le développement de la production d’aliments pour la volaille, grâce
notamment à une « culture intensive » du maïs à BATCHENGA et à la mise en place d’une « véritable ferme industrielle« . Antoine NDZENGUE affirme que les premiers résultats enregistrés dans le cadre
de ces partenariats sont encourageants.
L’expérience acquise dans la filière avicole devrait ensuite être étendue au manioc, avec la création envisagée d’une unité de transformation capable de collecter les productions agricoles, d’accompagner les producteurs et de créer davantage de valeur ajoutée « pour tous« .
Le Directeur Général de ABC FINANCE, microfinance du groupe NEPTUNE HOLDING COMPANY, a ainsi reçu la mission de mettre en place des instruments et produits financiers « agiles et idoines » pour accompagner ces différentes initiatives. Tous les secteurs sont concernés : « bayam sellam, pousseurs, moto taxi, taxi, petits commerces, call boxeurs, grossistes, demi-grossistes, quincaillers, Maçons, cultivateurs, éleveurs, bouchers, poissonniers et j’en passe », a lancé le PDG.
MAITHE MALL: le trait d’union entre produire et vendre
Dans cette vision, le MAITHE MALL occupe une place stratégique. Pour Antoine NDZENGUE, ce centre commercial est bien plus qu’un bâtiment ou un simple espace d’achat. Il doit également devenir un lieu où les producteurs locaux viennent vendre.
Le souhait est de voir les produits des agriculteurs, paysans et petites entreprises de la Lékié trouver leur place dans cet espace de distribution. Car, rappelle-t-il, « produire sans débouchés ne suffit pas, transformer sans marchés ne suffit pas, financer sans activités productives ne suffit pas. Le développement est le produit de la rencontre entre la production, le financement, la transformation et le marché ». C’est précisément cette rencontre que NEPTUNE HOLDING COMPANY veut favoriser.
Le PDG Antoine NDZENGUE appelle enfin la jeunesse d’Obala et de la Lékié à se donner les moyens de travailler « dignement« , de créer des entreprises et de participer activement à la transformation du terroir. Son ambition est de créer les conditions d’un « exode inversé où les talents et les compétences installées dans les grandes villes ou au sein de la diaspora, trouvent des raisons de revenir, de s’installer, d’investir et de participer à la transformation de notre localité« .
Pour Antoine NDZENGUE, l’industrialisation de la Lékié est une responsabilité collective. Il ne s’agit plus d’attendre que le développement arrive d’ailleurs, mais de le construire localement, « en chœur et à l’unisson« . Son appel est sans équivoque : « n’attendons pas, c’est maintenant ».
