Le dimanche 12 octobre dernier, il s’est tenu sur toute l’étendue du territoire, l’élection présidentielle. Nous revenons ici, sur les points positifs et les insuffisances de ce scrutin dans le département de la LEKIE
Il nous revient que par le passé, les populations du village EMANA BATCHENGA étaient entièrement acquises à la cause du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC).
Dans les années antérieures lors des scrutins, c’était toujours un score de 100% ou 99% que cette formation politique récoltait de ce côté-là. Mais à ce qui paraît, les choses semblent vouloir changer dans cette localité dont certains habitants semblent ne plus faire du tout confiance au RDPC.
En effet, le scrutin présidentiel qui s’est déroulé le dimanche 12 octobre dernier a été l’occasion pour cette localité de faire connaitre sa position à ce jour. EMANA BATCHENGA disposait de trois bureaux de vote, tous logés au lycée général de BATCHENGA. Ils étaient dénommés, lycée général de BATCHENGA A, B et C.
Dans le bureau A, sur les 158 suffrages valablement exprimés, il y en avait 113 pour le candidat du RDPC, pour un pourcentage de 71,51%. Le candidat Cabral LIBII était deuxième avec 30 voix et Issa TCHIROMA troisième avec 11 voix. Dans le bureau B, sur 137 voix exprimées, 69 étaient en faveur du RDPC, 40 pour le FSNC et 26 pour le PCRN.
Enfin pour ce qui est du bureau C, sur 46 votants, seulement 22 ont accordé leurs suffrages au candidat du RDPC. Le FSNC, le PCRN et le FDC avaient respectivement 16, 07 et 01 voix. De telles chiffres pour le RDPC dans cette localité lors d’une élection étaient inimaginables il y a seulement quelques années.
Autrefois toutes fidèles aux idéaux du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais, les populations d’EMANA BATCHENGA ne sont plus toutes en phase avec le parti de Paul BIYA et les mécontents l’ont démontré ce dimanche 12 octobre 2025.
Les raisons de ce désamour
Pour ceux qui suivent au quotidien les populations de cette localité, le choix que nombreux parmi eux ont exprimé ce dimanche 12 octobre n’est pas du tout surprenant.
En effet, depuis de nombreuses années, les populations d’EMANA BATCHENGA nourrissent des griefs contre le système en place. Pour elles, celui-ci ne prend pas en compte les nombreuses injustices qu’elles disent subir.
S’agissant de ces injustices, ces populations en évoquent trois principalement. Elles disent qu’aucun de leurs enfants n’occupe un poste de cadre au sein de la NHPC qui y est installée depuis plusieurs années.
Parlant justement de l’installation de cette structure, EMANA BATCHENGA d’après les témoignages de ses populations, a cédé plus de 16 hectares de ses terres pour ce projet. Autre grief, c’est celui avec la CAMWATER.
Tout comme avec la NHPC, EMANA BATCHENGA a cédé plus d’une vingtaine d’hectares de terres pour le projet PAEPYS. Là aussi, les fils de cette localité ne sont pas embauchés.
Une autre injustice que ces populations disent subir, est liée au lycée général de BATCHENGA. Pour la construction de cet établissement, cette localité aurait cédé 5 hectares de ses terres.
Mais ce que les populations déplorent aujourd’hui, c’est qu’ils sont obligés de payer des frais d’APE exorbitants pour leurs enfants qui fréquentent cet établissement. Elles évoquent aussi le cas de la gare routière et du marché qui sont sur leurs terres.
Les populations d’EMANA BATCHENGA ont ainsi fait clairement savoir à l’occasion du scrutin présidentiel du 12 octobre qu’elles ne sont plus en odeur de sainteté avec le RDPC. Et pour les municipales et législatives qui arrivent dans les mois à venir, on parle déjà de « vote sanction » de ce côté-là.
