Grâce à son courage, son abnégation et son savoir-faire, cette maman transforme la tuberculose de manioc en une source de vie pour sa famille.
Au quartier MBOUA I à OBALA, c’est les mains trempées dans la pâte de manioc que Mama Odette nous accueille, sourire aux lèvres. Depuis 2005, cette femme, la cinquantaine révolue, a bâti son quotidien autour d’un métier qu’elle connaît sur le bout des doigts: la confection du bâton de manioc. Ce qui au début n’était qu’une activité pour joindre les deux bouts, est devenu au fil des années, un véritable pilier économique pour elle et sa famille

Un travail quotidien, une passion constante
Au début, Mama Odette sillonnait les rues de la ville d’Obala pour écouler sa production. Aujourd’hui, la demande est telle qu’elle n’a plus besoin d’aller se tenir dans un coin du centre-ville d’OBALA, à la merci des intempéries: tout se fait sur commande. Chaque jour, Mama Odette livre des bâtons de manioc à ses fidèles clients. L’un d’eux, est la pimenterie « Bob le pimentier », qu’elle approvisionne en bâtons de manioc au quotidien. Au regard de l’ampleur de la tâche, Mama Odette a dû embaucher une dame qu’elle paie chaque semaine pour qu’elle l’aide à attacher le bâton de manioc.
Une femme qui fait vivre sa famille
Grâce à cette activité, Mama Odette parvient à subvenir aux besoins de sa famille. Ses enfants vont à l’école, la maison ne manque de rien, elle assure ses différentes cotisations et mène ses petits projets, tout ça grâce à son bâton de manioc pour lequel elle se réveille tous les jours aux environs de deux heures du matin.
Mama Odette incarne ces femmes discrètes mais capitales à la vitalité de la LEKIE: travailleuses, fières et courageuses. Pour elle, chaque livraison de bâtons de manioc effectuée, est une victoire sur la vie, une preuve que le succès ne vient pas seulement des bureaux climatisés, mais souvent des mains calleuses et du cœur tenace.
A travers Mama Odette, c’est toute une génération de femmes rurales qui démontre que la réussite se cultive avec détermination, patience et amour du travail. A toutes ces femmes qui plient leurs bouches devant la confection du bâton de manioc disant que l’eau du bâton de manioc sent mauvais, Mama Odette leur envoie ce message: « L’argent ne sent pas mauvais. »
