Depuis plusieurs semaines, le prix du kilogramme de cacao connait une baisse progressive qui suscite de vives inquiétudes auprès des planteurs. Dans nos campagnes, où le cacao est la source de revenus la plus importante en cette période, ces fluctuations du marché du cacao ne sont pas sans conséquences. Elles influencent directement la stabilité financière et le pouvoir d’achat de ces populations. Aujourd’hui, la tendance à la baisse ouvre la porte aux interrogations, aux stratégies de survie et à une réelle incertitude.
Sur les différents axes agricoles du département, les discours des producteurs vont dans le sens du regret et des inquiétudes. Au regard de la baisse progressive que l’on constate depuis quelques semaines, l’on est inquiet de se retrouver à nouveau avec les prix qui étaient pratiqués encore il y a moins de quatre ans.
Face à cette situation, deux tendances se dégagent clairement parmi les producteurs. La première est celle des partisans du stockage. Pour eux, la baisse actuelle n’est qu’en effet passager. Ils sont sûrs et certains que le marché va finir par monter. Leur stratégie consiste donc à conserver leur production, en attendant le moment favorable pour vendre. Ils misent ainsi sur une reprise progressive des cours internationaux, espérant une augmentation des marges dans les semaines à venir.
Toutefois, cette stratégie n’est pas sans risques. Stocker son cacao c’est prendre le risque de se voir en train de le perdre suite à un cambriolage. En effet, depuis trois ans que le prix du cacao a connu une hausse impressionnante, l’on a également noté une montée en puissance des actes criminels visant ce produit. Vol du cacao dans les champs, dans les domiciles, on en a vu de toutes les couleurs.
C’est donc un risque énorme que de garder longtemps son cacao chez soi, en attendant une montée des prix, dont on n’est même pas sûr à 100%.
La seconde tendance représente les producteurs pessimistes. Pour eux, le marché ne s’annonce pas prêt à rebondir. Ils évoquent pour soutenir leur méfiance, des arguments comme la concurrence de certains pays producteurs, ou encore, la surproduction mondiale.
Ces cacaoculteurs préfèrent donc écouler rapidement leur cacao, même à un prix plus bas, afin d’éviter des pertes qui pourraient être plus importantes à l’avenir. « On ne peut pas garder le cacao en espérant qu’il y aura une hausse. Et tel que je vois là, si on ne fait pas attention, on peut même se retrouver à 2000 FCFA le kilo bientôt », nous laisse entendre NKOA. A un cacaoculteur dans l’arrondissement d’OBALA.
Au-delà de ces deux perceptions individuelles, il s’impose à nous une réalité: l’incertitude domine. Beaucoup de producteurs se sentent désemparés, en manquent d’informations fiables.
La situation actuelle met en lumière la fragilité du secteur cacaoyer, mais aussi la résilience des populations de la LEKIE. Entre espoir, prudence et inquiétude, les producteurs avancent dans une saison marquée par des interrogations.


