Promoteur de l’Etablissement « Bob le pimentier », La Vitrine de la Lékié est allé à la rencontre de ATE BESSALA Joël Rodrigue Bobby pour découvrir le parcours de cet entrepreneur dont l’entreprise fait sensation dans la ville d’Obala.
La Vitrine de la Lékié: Bonjour Monsieur le Président Directeur Général des Ets Bob le pimentier. Si vous commenciez par vous présenter vous, ainsi que le parcours qui vous a amené à la création de l’Ets Bob le pimentier?
ATE BESSALA Joël Rodrigue: Bonjour à tous, bonjour à la charmante clientèle des Ets Bob le pimentier. Mon nom c’est ATE BESSALA Joël Rodrigue Bobby, né le 4 juillet 1992 à Efok, fils de Sa Majesté BESSALA NDZANA Robert Marie et de BIDZOGO Marie Béatrice, domicilié à Mboua.
Je suis un Essele, un Mvog ATEBA d’Obala.Mon parcours n’a pas été facile, comme celui de nombreux jeunes. Il faut dire qu’au départ, c’était simplement Bob, qui par la suite, est devenu Bob le pimentier. Au départ, Bob est jeune garçon de Mboua I, qui, au regard des moyens financiers limités, va devoir arrêter ses études au lycée technique d’Obala, en classe de Première F4 en 2015.
En 2016, je me suis alors lancé dans la vie active , notamment dans l’agriculture, l’élevage, la moto, la vente à la sauvette. Cela n’a pas été facile, car j’ai connu plusieurs échecs. C’est en 2018 que j’ai eu la chance de bénéficier d’un programme du gouvernement nommé PEA Jeunes à l’Institut Agricole d’Obala. Je remercie en passant le PDG du groupe IAO, Monsieur NDJIE Louis qui m’a beaucoup soutenu dans mes débuts.
Dans ce programme, il était question de former les jeunes et à la fin, chaque jeune s’en sortait avec un financement de 3 millions et un kit de formation. Mon idée de projet était la production du manioc sur deux hectares. C’est ainsi qu’en 2018, je me lance en brousse, laissant l’activité de moto taximan et celle de l’élevage pour me concentrer uniquement sur la culture du manioc.
Bien qu’ayant déjà de l’expérience dans l’agriculture et une bonne formation, ce n’était tout de même pas facile. La production y était, mais la commercialisation n’était vraiment pas facile. Je produisais par exemple une tige de manioc à 500 FCFA, une fois sur le marché, je la vendais à 300 FCFA, avec le coût du transport et tout, ça ne donnait pas. Il fallait réfléchir sur des solutions.
Voyant les mamans qui achetaient mon manioc s’en sortir mieux que moi, je me suis alors demandé s’il n’était pas mieux de laisser la production pour me lancer dans la commercialisation, surtout que j’étais bien formé en agro-pastorale. C’est ainsi que je me lance alors dans la commercialisation.
Malheureusement, étant un homme, je ne pouvais pas crier au marché comme les femmes, ce qui fait que ces femmes avaient le dessus sur moi. C’est ainsi que Bob va se décourager, le capital est fini, j’ai abandonné les champs, je suis à zéro, je deviens un voyou au quartier. Je sors le matin, je rentre à 2 heures, 3 heures, saoul, le chef parle, son épouse parle, Bob dit qu’il est découragé; ce n’était pas facile. Je me souviens en 2020, 2021, on chantait mon nom dans tous les snacks d’Obala, le président Bob, puisque j’avais pris tout le capital et mettre dans les snacks (rires).
Avec les prières de ma maman, il faut le dire en passant, il faut mettre Dieu devant tous nos projets, devant nos vies; un jour je me demande: Quelle est cette vie où je suis saoul tous les jours? Je suis le seul garçon à ma maman et cette dernière a beaucoup parlé et prié pour moi. Alors un jour, je fais un rêve dans lequel je suis en train de travailler dans un restaurant. Le matin, je me lève et en allant au carrefour, je trouve des gens qui échangent sur le fait que la promotrice de la pimenterie « la padolaise » recherchait un braiseur. Bien que n’y connaissant rien, je l’ai approchée et je lui ai dit que j’avais appris qu’elle avait besoin d’un braiseur et que j’étais candidat à ce poste. Elle décide de me faire confiance et m’engage.
Juste en face, il y avait la pimenterie Agogo, avec tous les jeunes que je connaissais, alors de temps en temps, je traversais pour poser des questions sur la braise de la viande, apprendre des techniques car mon souci était de devenir un professionnel dans ce domaine. Au bout d’un mois, Bob braisait déjà la viande. J’étais presque professionnel en si peu de temps. Les ventes avaient augmenté dans cet établissement, puisque j’avais un plan marketing que j’applique toujours aujourd’hui. J’étais accueillant, respectueux envers les clients, surtout serviable.
En 2021, Bob commence à avoir de lourdes responsabilités, mama qui vieillit et qui est tout le temps malade, j’avais déjà deux enfants . Du coup, le salaire que je percevais était insuffisant, il fallait développer, il fallait réfléchir sur comment gagner plus d’argent pour pouvoir subvenir à mes besoins et assumer mes charges.
C’est ainsi que je conçois mon business plan. J’ai une idée d’entreprise, c’est la pimenterie. Maintenant il fallait chercher tous les mécanismes pour faire naître cet établissement. Alors en avril 2023, je décide de créer mon entreprise. Chance pour moi, je suis un natif de Mboua, comme je n’avais pas les moyens d’aller louer un espace, je me dis donc que je vais le faire chez moi, peu importe l’espace dont je dispose. C’est ainsi que je rentre m’installer chez moi.
Les débuts n’ont pas été faciles. C’était d’abord « Bob »; on a ouvert le 1er mai 2023, un jour inoubliable pour moi parce que, ce n’était pas facile. Il fallait prendre des crédits à gauche, à droite pour pouvoir créer cette entreprise. Certes, c’était « Bob », mais il fallait que je réfléchisse, que je trouve un nom un peu plus grand, un peu plus influent pour pouvoir gagner le combat car à l’époque, on connaissait seulement trois pimenteries, donc il fallait créer un petit buzz.
J’avais commencé dans mon établissement avec trois kilos; la viande finissait chaque jour, mais le piment ne finissait pas. Je décide alors de prendre le nom « l’arbre du piment », mais je trouve que ce nom est long. Alors un matin, je plante les fleurs que vous voyez en route là, je les nomme « le pimentier »; par la suite, je me dis que le mieux c’est que moi-même je porte ce nom. C’est comme ça que je décide de changer mon nom et je dis que désormais, je m’appelle « Bob le pimentier », l’arbre qui produit le piment, parce que le piment ne finissait pas chez moi. J’appelle le technicien et je passe la commande de la plaque pour le lendemain matin et je lui demande d’écrire dessus « Ets Bob le pimentier », c’est comme ça que « Bob le pimentier » a été créé, mais Bob a été tiré de mon sobriquet Bobby.
LVDLL: Pouvez-vous nous parler des menus que l’on retrouve chez « Bob le pimentier »? Y a-t-il uniquement de la viande de bœuf ? Ou autres choses?
ABJR: Le menu principal c’est la viande de bœuf parce quand on parle d’Obala, on parle d’abord de la viande de bœuf; c’est la vitrine d’Obala.
Donc le menu principal c’est la viande de bœuf et le rognon. Le rognon se trouve à l’intérieur du bœuf. On fait aussi le poulet, la viande de brousse, c’est une grillade qui fait un peu de tout. Mais le reste se fait sur commande parce que le poulet, dès que tu le conserves dans le congélateur, après deux ou trois jours, il change de goût. Nous on préfère que le client achète son poulet frais, il l’amène et on le braise, c’est plus délicieux.
LVDLL: Quels types de clients visez-vous? Avez-vous une particularité à ce niveau ou alors tout le monde peut trouver son compte chez « Bob le pimentier »?
ABJR: Tout le monde peut trouver son compte au sein de l’établissement « Bob le pimentier », mais mes clients préférés, c’est la population d’Obala, jeunes, vieux, enfants, élèves. Parce qu’avec eux, c’est un grand potentiel. Ils peuvent manger 7 jours sur 7. Donc on ne va pas attendre les gens qui sortent par exemple de l’Extrême-nord, ça ne va pas booster nos ventes.
LVDLL: Certains disent que c’est grâce aux sectes que Bob eu de l’argent pour ouvrir son établissement. Que leur répondez-vous?
ABJR: Il faut que je vous confesse une chose, quand les choses étaient difficiles pour Bob, je tenais aussi ce langage concernant beaucoup de jeunes de la ville d’Obala; je disais aussi qu’ils sont dans les sectes.Aujourd’hui, ce sont ces derniers qui viennent vers moi pour me demander comment j’ai fait. Ils me respectent aujourd’hui quand ils voient les projets que j’engage, ils me demandent comment j’ai fait pour arriver à ce niveau.
Aujourd’hui, je regrette d’avoir pensé cela d’eux à une époque. J’ai compris que leur magie, c’était le travailL’établissement Bob le pimentier ouvre à 10 heures et ferme à X heures. Donc il y a des fois où nous sommes là jusqu’à 5 heures du matin, les gens arrivent et ils sont satisfaits.
C’est d’abord le travail, on n’a pas de jour de repos puisque nous avons deux équipes, une au niveau du bar et une au niveau de la pimenterie, et nous avons beaucoup de services.
Donc je dirais aux jeunes qui pensent cela de moi que la secte de Bob c’est le travail; alors qu’ils commencent déjà à travailler.
LVDLL: Organisez-vous des évènements ou des promotions spéciales pour dynamiser les ventes, pour engager votre clientèle?
ABJR: Effectivement! La force de Bob le pimentier, c’est le marketing. Moi je suis arrivé au point où je cherche des jeunes qui veulent fêter leurs anniversaires par exemple. Je prends leurs numéros et leur propose des bonus au cas où ils viendraient fêter leurs anniversaires ici. Donc pour booster mes ventes, c’est ce que je fais. J’organise des soirées chaque semaine.
Ici, nous avons des demandes en mariage, des baptêmes et même des gens qui viennent fêter leur divorce ici, c’est des choses que nous avons déjà vécu dans notre établissement.
Nous avons des soirées des DJ, vu que j’ai un équipement musical assez costaud, donc il y a des DJ de notre ville qui viennent souvent s’amuser, on appelle ça « Soirée des DJ ». Nous avons des soirées avec pour thème la couleur blanche. Si par exemple lors de cette soirée vous vous retrouvez ici vêtu de blanc, vous avez droit à un petit bonus, même s’il s’agit juste d’une cuillère de mayonnaise, les gens apprécient.
A la fin du mois nous organisons ce que nous appelons les soirées des fonctionnaires, voila ce qui booste les ventes de l’établissement « Bob le pimentier ».
LVDLL: Comment est-ce que vous recueillez les retours de vos clients et comment est-ce que vous les intégrez dans votre modèle commercial ?
ABJR: Déjà, Obala est une ville multiculturelle, le symbole du véritable vivre-ensemble. Donc le tout c’est le dialogue, c’est la communication. Chez le Bob le pimentier, le client est roi, ce n’est pas le slogan. Peu importe la situation, le client a toujours raison.
LVDLL: Quelle est votre vision pour l’avenir de la pimenterie « Bob le pimentier » et avez-vous des projets d’expansion ou d’innovation dans l’avenir ?
ABJR: Comme toute entreprise, l’établissement Bob le pimentier a pour vision principale d’augmenter ses ventes. C’est ça la force d’une entreprise; une entreprise qui ne vend pas, ne peut pas payer ses employés, elle va fermer. Donc notre objectif principal, c’est d’augmenter les ventes.
Aujourd’hui, nous sommes en moyenne à 35 kilos de viande par jour, pourquoi ne pas atteindre les 50 kilos par jour, et les week-ends, aller à plus de 60, 70 kilos.« Bob le pimentier » a commencé avec 5 employés, moi y compris. Aujourd’hui, nous employons 18 jeunes. Si on augmente les ventes, on pourra encore recruter et ça va réduire le chômage dans notre ville d’Obala.
Aussi, il y a des clients qui arrivent parfois tard, ils cherchent où dormir. Alors, l’établissement « Bob le pimentier » bientôt aura un motel à seulement 150 mètres d’ici. Il est presqu’à la fin, il reste juste les meubles, ça sera VIP. Donc ceux qui disent que Bob a trempé là, les choses arrivent.
LVDLL: Pouvez-vous nous donner la localisation de l’établissement « Bob le pimentier » et comment vous contacter pour des réservations?
ABJR: La pimenterie «Bob le pimentier » est située à Obala, au quartier Mboua I, à côté de la chefferie. Nous répondons aux numéros: 670 24 15 32 et 656 57 86 29. Tous ces numéros sont Whatsapp.
Vous pouvez passer vos commandes et lorsque vous arrivez, vous êtes aussitôt servi.
LVDLL: Un mot pour vos clients qui vont vous lire?
ABJR: Je remercie les fidèles clients de l’établissement « Bob le pimentier », c’est vous ma force, c’est vous le succès. On dit souvent que le succès, c’est l’échec de l’échec, Bob a connu des échecs, j’ai juste eu confiance en moi, il ne faut jamais baisser les bras et surtout, mettez Dieu devant tous vos projets et travaillez très dur.
LVDLL: Nous vous remercions pour votre disponibilité.
ABJR: C’est moi qui vous remercie pour la visibilité accordée à l’établissement « Bob le pimentier ».
