A Obala, la lutte contre l’occupation anarchique des trottoirs relance un débat profond entre modernisation urbaine et réalités sociales.
Depuis près de deux semaines, le nouveau maire de la commune d’Obala TOUNA Francis Gaël a engagé une vaste opération d’assainissement urbain. Trottoirs libérés, comptoirs démolis, espaces publics réorganisés: l’initiative, saluée par certains, suscite aussi une vive contestation. Entre nécessité d’ordre et crainte de précarisation, la population est divisée.
Une volonté affirmée de réorganiser l’espace public
Dès sa prise de fonction, le nouveau maire d’Obala a affiché une ambition claire: redonner à la ville un visage plus propre, plus aéré et plus organisé. Concrètement, cette volonté s’est traduite par le dégagement des trottoirs occupés der manière illégale par des comptoirs de fortune et des étals improvisés.
Pour les autorités municipales, ces occupations anarchiques entravent la circulation des piétons, favorisent l’insalubrité et contribuent à une image désordonnée de la ville. « Une ville ne peut se développer de façon durable dans le désordre », estime un des partisans de cette opération. Selon eux, ces casses constituent un passage obligé pour bâtir une commune moderne, respectueuse des règles d’urbanisme et plus attractive.
« Il faut bien payer le prix du changement »
Une partie de l’opinion publique soutient fermement l’action du maire. Pour ces citoyens, l’assainissement urbain est une nécessité longtemps repoussée par peur de l’impopularité. Ils estiment que le développement a un coût et que l’intérêt général doit primer sur les intérêts individuels.
A leurs yeux, libérer les trottoirs, c’est garantir la sécurité des piétons, améliorer la fluidité de la circulation et instaurer une culture du respect de l’espace public.
» On a détruit notre seul moyen de survie »
A l’opposé, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer une opération jugée brutale et socialement insensible. Pour les commerçants touchés, ces comptoirs représentent souvent leur unique source de revenus. Leur destruction est vécue comme une mise en péril directe de la survie de familles entières.
« C’est vrai qu’il faut mettre de l’ordre, mais il faut aussi penser à l’être humain », confie un réparateur de téléphone dont le comptoir a été emporté. Ces citoyens regrettent l’absence de solutions alternatives, comme des espaces de relogement. Pour eux, assainir la ville ne devrait pas signifier appauvrir davantage des populations déjà vulnérables.
Entre autorité et dialogue, un équilibre à trouver
A Obala, l’opération d’assainissement met en lumière un défi majeur pour les collectivités locales: concilier modernisation urbaine et justice sociale. Si l’ordre est indispensable au développement, le dialogue et l’accompagnement social apparaissent tout aussi essentiels pour garantir l’adhésion des populations.
