Il y a des décisions administratives qui, lorsqu’elles ne sont pas expliquées, finissent par sonner comme un mépris. C’est précisément le sentiment qui gagne aujourd’hui la population de la commune d’Obala face à la reprise de l’élection du maire qui aura lieu ce vendredi 6 février 2026 du côté du Centre de Documentation et d’Information d’Obala, sans qu’aucune justification claire ne lui soit donnée.
Le 30 décembre 2025, au CDI d’Obala, très probablement la même salle où se tiendra l’élection de ce jour, le conseil municipal s’était réuni en session extraordinaire, en présence du préfet du département de la Lékié. A l’ordre du jour: l’élection d’un nouveau maire, appelé à achever le mandat de feu Simon Pierre EDIBA, décédé le 16 octobre 2025.
Le scrutin s’était déroulé dans les normes, sous l’œil vigilant de l’autorité administrative, qui d’ailleurs, n’avait pas manqué de saluer la maturité des conseillers municipaux au terme de l’élection. A la fin du processus, TOUNA Francis Gaël avait été largement élu, recueillant 30 voix sur les 37 exprimées. Une majorité nette, sans ambiguïté.
Une décision qui interroge
Pourtant, à la surprise générale, le 3 février dernier, un arrêté préfectoral convoquait à nouveau le conseil municipal d’Obala pour une nouvelle élection du maire. Une décision lourde de sens, mais surtout lourde de silence. Car à ce jour, aucune communication officielle n’est venue éclairer l’opinion publique sur les raisons de cette reprise du scrutin. L’élection du 30 décembre 2025 a-t-elle été annulée ? Si oui, pour quels motifs précis ? Y a-t-il eu une irrégularité majeure, une faute de procédure, un vice juridique ?
Autant de questions légitimes qui restent sans réponses.
Le silence comme un mépris ressenti
Ce qui choque le plus, ce n’est pas tant la reprise d’une élection – car l’administration a le droit et le devoir de corriger ce qui ne serait pas conforme à la loi – mais l’absence totale d’explication adressée à la population. A Obala, les citoyens ont le sentiment d’être traités comme de simples spectateurs d’une pièce dont le scénario se joue ailleurs, loin de leurs préoccupations et de leur droit à l’information.
Or, gouverner, ce n’est pas seulement décider. Gouverner, c’est aussi expliquer, rassurer, rendre compte. Le silence des autorités est perçu ici comme une marque de condescendance, voire de mépris, envers une population pourtant directement concernée par ces décisions.
Respecter le citoyen, c’est lui parler
Dans un contexte national où la décentralisation est présentée comme un pilier du développement local, de telles pratiques fragilisent la confiance entre les citoyens et l’administration. Obala n’est pas une entité abstraite: c’est une communauté d’hommes et de femmes qui ont le droit de comprendre ce qui se fait en leur nom.
La population d’Obala ne réclame ni polémique ni affrontement. Elle réclame simplement des explications. Elle réclame le respect que l’on doit à tout citoyen. Car à défaut de parole officielle, le doute s’installe, les rumeurs prospèrent et la confiance s’effrite.
