A OBALA, le deuil du maire Simon Pierre EDIBA semble avoir rapidement laissé place à une bataille feutrée mais intense autour de sa succession. Une bataille où calculs politiques, pressions internes et manipulation de l’opinion se livrent sans bruit…mais non sans dégâts.
Décédé le 16 octobre dernier et inhumé le 13 décembre, il y a à peine quelques jours, le maire de la commune d’OBALA, Simon Pierre EDIBA, a laissé un vide institutionnel que la loi encadre pourtant clairement. Mais deux mois après sa disparition, l’élection de son successeur se fait toujours attendre. Dans l’intervalle, une guerre froide s’installe au sein du conseil municipal, sur fond d’intérim contesté, de tensions internes et d’une campagne médiatique aux relents de règlement de comptes.
Un décès, un intérim prévu par la loi
Le 16 octobre 2025, la commune d’OBALA perdait son maire, Simon Pierre EDIBA. Conformément aux dispositions légales en vigueur, c’est le premier adjoint au maire qui doit assurer l’intérim jusqu’à l’élection d’un nouveau maire qui doit intervenir dans un délai maximum de 60 jours après le décès.
A la mairie d’OBALA, cette responsabilité est revenue au Professeur Faustin MVOGO, premier adjoint au maire, qui a donc pris les rênes de la municipalité à titre intérimaire. L’on se souvient que cela avait été fait officiellement le 30 octobre 2025, lors d’une cérémonie présidée par le préfet de la LEKIE, Patrick SIMOU KAMSU. Une situation transitoire, censée être brève, mais qui va dès ce jour-là même, cristalliser les frustrations et les ambitions.
Une élection attendue…mais pas convoquée
En principe, l’élection du nouveau maire aurait dû se tenir au plus tard le 16 décembre 2025. Or, à cette date, aucun scrutin n’a eu lieu, le maire par intérim n’ayant pas convoqué les conseillers municipaux pour l’élection du nouveau maire.
Depuis lors, la situation est au point mort. Et ce vide institutionnel alimente toutes les spéculations. Pour certains conseillers municipaux, cette non convocation est inacceptable et constitue un blocage volontaire du processus démocratique local. Ils exigent que cette élection se tienne, même si nous sommes à deux ou trois des élections législatives et municipales qui doivent en principe se tenir en dé-but d’année prochaine sur l’ensemble du territoire national.
Dans les agissements de certains conseillers municipaux, il ressort clairement qu’ils ne veulent pas que le Professeur Faustin MVOGO occupe le siège de maire de la commune d’OBALA plus longtemps que lui accorde la loi.
Une guerre froide au sein du conseil municipal
Mais derrière ces revendications officielles se dessine une réalité plus complexe. Au sein du conseil municipal, les camps se forment, les liens stratégiques se tissent, les silences deviennent lourds de sens. On ne parle plus seulement de respect des délais légaux, mais bien de rapport de forces.
Plusieurs observateurs locaux évoquent une véritable guerre froide, où chaque camp avance masqué, attendant le faux pas de l’autre. L’enjeu est clair: le fauteuil de maire, stratégique à la veille des futures échéances politiques locales.
La polémique autour des employés de la mairie
C’est dans ce contexte explosif qu’une partie de la presse locale est montée au créneau ces dernières heures. Des articles et publications font état d’une éventuelle grève des employés de la mairie d’OBALA, évoquant des salaires impayés, l’absence de contrats de travail et des conditions sociales précaires.
Ces dysfonctionnements sont présentés de manière voilée, comme la conséquence directe de la gestion du maire par intérim. Une accusation qui soulève pourtant de nombreuses interrogations: « C’est aujourd’hui qu’ils constatent qu’ils n’ont pas de contrats ? », « C’est un intérimaire qui signe les contrats de plus de 5 mandats ? », peut-on lire en guise réactions à ces accusations voilées.
Des problèmes anciens, une responsabilité nouvelle ?
Car à y regarder de plus près, les difficultés des employés municipaux d’OBALA ne datent pas de deux mois. Elles sont connues depuis plusieurs années, bien avant le décès du maire Simon Pierre EDIBA, qui, il faut le rappeler, a passé 18 ans à la tête de cette commune. D’ailleurs l’on se souvient qu’en installant le Professeur Faustin MVOGO dans ses fonctions de maire par intérim, le préfet de la LEKIE lui avait donné comme principale mission, la résolution du problème des arriérés de salaires.
Dès lors, peut-on raisonnablement imputer ces problèmes structurels au Professeur Faustin MVOGO, en poste depuis deux mois et à titre intérimaire ? Pour de nombreux acteurs locaux, la réponse est clairement non.
Une campagne de déstabilisation bien orchestrée ?
Tout porte à croire que ces attaques médiatiques s’inscrivent dans une stratégie de déstabilisation visant à fragiliser le maire par intérim. En jetant l’opprobre sur sa gestion, ses adversaires chercheraient à le discréditer auprès de l’opinion publique, des autorités de tutelle; surtout lorsqu’on essaie de faire comprendre à l’opinion publique que « depuis le décès de l’ancien maire EDIBA, la mairie semble avoir perdu le nord. »
L’objectif supposé: le pousser vers la sortie, ou à tout le moins réduire ses marges de manœuvre, afin de mieux préparer le terrain pour la succession.
OBALA, otage des ambitions politiques ?
Au final, c’est la commune d’OBALA qui risque faire les frais de cette lutte de pouvoir. Pendant que les acteurs politiques se livrent à des manœuvres en coulisses, les véritables urgences restent reléguées au second plan.
L’organisation de l’élection du nouveau maire apparait aujourd’hui comme la seule voie capable de mettre fin à cette zone grise institutionnelle et de ramener la sérénité au sein de la municipalité.
