Pas de sites web, pas de bulletins, pas même de simples pages Facebook. Dans la LEKIE, les mairies brillent par un manque de communication institutionnelle. Une situation qui coûte cher à la relation avec les citoyens.
La communication institutionnelle n’est pas seulement une affaire de la présidence de la République, des ministères et autres grandes institutions ou entreprises.
Aujourd’hui, cette branche du grand arbre qu’est la communication, est un véritable pilier de la gouvernance locale. En effet, elle permet de créer un lien de confiance entre les autorités locales et les populations, d’informer sur les projets, de rendre des comptes et de valoriser l’action publique qui est menée par ces autorités locales.
Pourtant dans le département de la LEKIE, cette dimension essentielle semble complètement négligée par les exécutifs communaux. A l’exception de la mairie d’OKOLA, qui possède et anime bien que timidement une page Facebook, aucune autre mairie du département de la LEKIE n’est dotée de véritables canaux d’informations modernes. Cette absence de communication institutionnelle, pèse lourdement sur la relation entre les citoyens et leurs mairies ; les premiers n’étant presque pas au courant de l’actualité de leurs collectivités territoriales.
Un constat préoccupant
Que ce soit à MONATELE, OBALA, SA’A, BATCHENGA, ELIG-MFOMO, OKOLA, LOBO ou EBEBDA, le paysage est le même : pas de site internet officiel, pas de bulletin municipal, pas de panneaux d’affichage dignes de ce nom et régulièrement mis à jour, et encore moins de pages sur les réseaux sociaux (à l’exception d’OKOLA).
Cette situation surprend d’autant plus que la création d’une page Facebook est gratuite, rapide et ne nécessite qu’un minimum de compétences techniques. Or, dans un contexte où les habitants sont de plus en plus connectés à internet via leurs télé-phones portables, l’absence de présence numérique des mairies de la LEKIE ne relève certainement pas d’un manque de moyens, mais à coup sûr d’un manque de volonté ou plutôt de vision.
Les conséquences sur l’image des mairies
C’est bien de faire appel aux chaines de télévision ayant pignon sur rue, et aux médias locaux pour la couverture de certains évènements; mais cela ne suffit pas car il s’agit ici de tenir les populations informés en permanence de l’actualité de leurs mairies. CRTV, INFO TV, CANAL 2 et les autres médias locaux ne sont pas là tous les jours. Il est donc question pour les mairies de la LEKIE, de se doter de leurs propres outils et canaux de communication. Cela leur permet donc de partager au quotidien des informations avec les citoyens.
Le manque de communication institutionnelle que nous observons au niveau des mairies du département de la LEKIE, nuit gravement à l’image de ces collectivités territoriales décentralisées.
Les élus locaux sont parfois perçus comme distants, fermés, voire indifférents aux préoccupations de leurs administrés. Faute de communication régulière sur ce qui est fait par la mairie d’un arrondissement, il est donc normal que certains citoyens ressentent des frustrations, nourrissent des suspicions et des critiques, ce qui ne serait pas arrivé si l’institution communale avait ses canaux de communication, par lesquels, elle donnait certaines informations et fournissait certains détails et explications aux citoyens.
Le manque de communication institutionnelle au niveau de nos mairies fait également du mal aux élus locaux, qui en tant qu’hommes politiques, aimeraient bien que leurs actions soient connues par les populations. Il faut donc noter que ce défaut de communication empêche la valorisation des actions menées. Un projet d’adduction d’eau, la réhabilitation d’une route, l’inauguration d’une école…tous ces efforts restent invisibles si personne n’en parle. Il est bien vrai que pour ce genre d’occasion, les médias sont invités, mais il faut également dire que l’on est mieux servi par soi-même.
Un frein à l’information des citoyens
La communication institutionnelle n’est pas un luxe : c’est un service public. Les citoyens ont le droit de savoir comment sont utilisés leurs impôts, quels projets sont en cours et comment participer à la vie communale. Sans canaux officiels, il est difficile de diffuser des informations importantes et crédibles sur la vie de la cité.
Ce déficit de communication peut même avoir des conséquences pratiques : des agriculteurs qui ratent des programmes d’aide par exemple, des élèves et étudiants qui ratent des opportunités de stage, des habitants qui apprennent tardivement la tenue d’un événement dans leur commune…etc
Pourquoi cette situation perdure-t-elle ?
Plusieurs raisons peuvent expliquer cette carence communicationnelle que nous observons au niveau des mairies de la LEKIE.
On va commencer par relever l’absence de personnel dédié. En effet, rares sont les mairies de la LEKIE qui ont dans leur personnel, un chargé de communication ou formé un agent à l’exercice de cette fonction.
Il y a également le manque de culture de communication. En effet, de nombreux responsables considèrent que leur travail ne se limite qu’à la gestion des projets, sans voir l’intérêt de partager l’information.
Il est vrai qu’à ce niveau, il est de la responsabilité du chargé de communication d’assurer le partage de l’information avec le public. Malheureusement, il faut noter que certains chargés de communication n’ont pas ce reflexe. On se concentre plus sur des communications mettant en avant le maire de la commune, lorsqu’il descend personnellement sur le terrain… politique oblige.
Des pistes pour une communication institutionnelle efficace
Pourtant, mettre en place une communication institutionnelle performante est à la portée de toutes les mairies de la LEKIE. Pour ne pas rester juste sur la critique, voici quelques actions simples et peu coûteuses que les exécutifs municipaux des différents arrondissements du département peuvent mettre en place.
Créer et animer une page Facebook officielle : créer une page Facebook se fait en quelques clics et ça ne demande pas d’argent. Maintenant, pour ce qui est de l’animation de cette plateforme de communication, le responsable de la communication peut y publier tout ce qui renseigne les citoyens sur ce que fait la mairie, ses annonces, les projets qu’elle mène ou qu’elle envisage de mener dans la commune, les évènements dans la commune, des informations pratiques. Il faudra varier le format, entre textes, photos et vidéos.
Lancer un bulletin municipal : il pourrait être mensuel, trimestriel ou semestriel et vendu à un coût abordable pour les citoyens. Il permettra de présenter les réalisations, les projets et les messages du maire.
Nommer un responsable communication : même un agent administratif déjà en poste peut être formé pour assurer cette mission.
Disposé un panneau d’affichage : ce dernier peut être disposé devant la mairie. On peut y afficher les décisions importantes, les avis publics, les comptes rendus succincts des sessions du conseil municipal.
Collaborer avec les médias locaux: les radios et journaux communautaires peuvent relayer efficacement les informations de la mairie.
Communiquer, ce n’est pas seulement « faire la publicité »: c’est remplir un devoir démocratique. Dans un monde où l’information circule à la vitesse de la lumière, il faut communiquer en permanence, pour cela, il faut avoir ses propres canaux de communication.
Les mairies de la LEKIE gagneraient à comprendre que la communication institutionnelle est un investissement qui renforce la confiance, améliore la participation citoyenne et valorise le travail accompli.
Un citoyen informé est un citoyen impliqué. Et une commune qui informe, est une commune qui avance.
