Dans une lettre ouverte, Antoine Boris ELOUNA n’est pas passé par quatre chemins pour crier son ras le bol au MINDCAF, tout en lui faisant savoir que le FSNC s’implante dans la LEKIE avec pour but de « redonner » à ce département, « sa dignité et son audace ».
Lettre ouverte de Monsieur Antoine Boris ELOUNA coordonnateur Départemental du FSNC à Monsieur Henri EYEBE AYISSI, président du Comité Départemental de Mobilisation des Elites et Forces Vives (CODEMEFV) de la Lékié.
Le FSNC vient dans la LEKIE avec une seule ambition, celle de redonner à notre peuple, sa dignité et son audace. Notre département n’avance pas, il recule !
Monsieur le Ministre,
Il est des silences qui tuent plus sûrement que des balles. Votre mutisme, et celui des élites de la Lékié, dans l’affaire tragique de Martinez ZOGO reste comme une tache indélébile dans notre mémoire collective.
Un fils de la Lékié a été enlevé, torturé, exécuté dans des conditions barbares, et au lieu de faire de son martyre le point de départ d’une révolution morale, nos élites se sont terrées dans un silence complice. Ce drame n’est pas seulement celui d’un homme ; il est le symbole d’un peule soumis à la résignation, humilié, sacrifié sur l’autel d’intérêts qui ne sont pas les siens.
Comment prétendre parler de dignité et de leadership quand on détourne les yeux devant le sang des siens ? Cette lâcheté n’honore pas notre âme de leader.La LEKIE a toujours été en première ligne dans les combats politiques au Cameroun.
Dois-je vous rappeler que le tout premier Premier Ministre au Cameroun, André-Marie MBIDA était un fils de la Lékié ? De qui vous vient votre lâcheté ? Souvenez vous de Osendé AFANA. Un brave militant de la libération nationale. La LEKIE a toujours été la terre des leaders charismatiques.
Votre silence sur l’assassinat de notre frère Martinez ZOGO est une honte pour notre dé-partement.Au-delà du silence honteux, la Lékié ploie sous le poids d’infrastructures fantômes. La fameuse « boucle de la Lékié », tant chantée dans les discours devait être l’artère du désenclavement et de la prospérité. Mais elle n’est, hélas, qu’une route inachevée, parsemée de nids-de-poule, et est devenue le symbole du mépris.
Comment un département situé à deux pas de Yaoundé, cœur du pouvoir, peut-il être réduit à attendre encore et toujours un projet qui ne finit jamais ? Chaque kilomètre parcouru est un cadeau à notre peuple. Et comme si cela ne suffisait pas, l’obscurité s’abat chaque jour sur nos villages et nos villes.
Notre chef-lieu de département fait pitié ; ça doit être l’un des derniers au Cameroun en termes d’éclairage public et d’infrastructures modernes. L’électricité, au lieu d’être le levier du progrès, est devenue une loterie : aujourd’hui une ampoule, demain une panne d’électricité. Nos ménages vivent au rythme des coupures, nos commerçants voient leurs produits pourrir dans les congélateurs, et nos artisans se découragent.
Peut-on sérieusement parler d’émergence avec une Lékié plongée dans les ténèbres ? L’énergie est la base de tout développement, ou dans la Lékié, c’est un symbole de notre immobilisme. Mais la blessure la plus profonde reste celle de notre jeunesse. En février dernier, vous promettiez, Monsieur le Ministre, une enveloppe de 30 millions pour soutenir les projets des jeunes. Huit mois plus tard, aucun jeune n’a vu la couleur de ces fonds. Par contre, lorsqu’il s’agit de mobiliser 300 millions pour la campagne électorale, l’argent coule à flot.
Ce deux-poids-deux-mesures est une insulte. Nos jeunes sont traités comme des chiens de chasse : ils ramènent le gibier, mais ce sont toujours les os qu’on leur jette. Nos jeunes diplômés et formés sont abandonnés à eux-mêmes dans la misère et la honte. La LEKIE se vide de sa jeunesse. Elle tarit comme la rivière qu’elle est, par sécheresse d’opportunités pour ses jeunes.
Pourquoi n’y a-t-il pas de travail pour nos jeunes ? Au nom de la Lékié, vous vous enrichissez et nos populations s’appauvrissent. Les villages sont déserts. Et que dire de l’école dans la Lékié ? En 2025, des enfants du lycée bilingue de Monatélé suivent les cours sous un manguier, exposés aux intempéries, pendant que d’autres régions du pays organisent des « journées de l’excellence scolaire » pour amorcer leurs meilleurs élèves.
Nos élites méprisent le devenir de nos bacheliers. Elles investissent des millions pour leurs campagnes, les festivités…mais rien de consistant pour protéger nos enfants. C’est une humiliation totale.
Monsieur le Ministre, vous et vos paires semblez croire que nous nous contenterons éternellement des miettes. Mais la jeunesse de la Lékié n’est pas une jeunesse de quémandeurs. Nous refusons de tendre la main en mendiants, nous exigeons de bâtir comme des dirigeants.Nous ne voulons pas une simple annexe d’université jetée comme un lot de consolation.
Nous voulons une université agricole digne de ce nom, pour encadrer nos agriculteurs, valoriser nos terres et transformer la Lékié en grenier de la nation. Voila l’ambition que vous refusez de porter, car vous préférez cultiver la dépendance et la résignation.
A quoi ressemble notre péage, comparé aux autres du pays ? Il ne reflète pas la vivacité de nos peuples. Ce péage devrait être une source de revenus à fort potentiel pour nos populations, mais hélas, on y vend que de l’eau glacée et quelques fois du bâton de manioc. Quand soutiendrez-vous aussi nos agriculteurs ? Notre département devient de moins en moins attrayant.
Nous, jeunesse éveillée, refusons d’être complices de ce déclin.C’est pourquoi le Front pour le Salut National du Cameroun (FSNC), que j’ai entrepris d’implanter dans la Lékié, se lève avec une seule ambition : redonner à notre département sa dignité et son audace.
Nous ne voulons plus d’un peuple soumis, nous voulons un peuple debout. Nous ne voulons plus d’élites déconnectées, nous voulons des dirigeants enracinés. La Lékié doit redevenir ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : un phare pour le Cameroun.
Antoine Boris ELOUNA , Coordonnateur Départemental du FSNC dans la LÉKIÉ
