Depuis des générations, le cacao fait battre le cœur économique de la LEKIE. Dans tous les villages de notre département, la culture vedette, c’est le cacao. Grâce à elle, des familles entières se construisent, paient les études de leurs enfants, se procurent certaines commodités pour améliorer leur niveau de vie. Ces trois dernières années, les prix du cacao ont connu une embellie, redonnant le sourire aux planteurs. Mais derrière cette réussite, se cache une fragilité : celle de dépendre d’un seul produit, qui en plus est soumis aux aléas du marché international et aux variations climatiques.
La dépendance au cacao: un risque à long terme
Le cacao est une culture noble, mais aussi capricieuse. Les fluctuations des prix sur le marché mondial peuvent en quelques semaines réduire à néant
les espoirs d’une saison prometteuse. De plus, les maladies du cacaoyer, l’accès aux intrants et les aléas climatiques, exposent leurs planteurs à despertes considérables.
Vivre uniquement du cacao, c’est donc accepter de dépendre d’un cycle annuel incertain. Entre deux saisons, de nombreux producteurs de cacao se retrouvent sans revenus stables, contraints d’attendre la prochaine saison cacaoyère pour « respirer financièrement ».
Pourtant, la LEKIE dispose d’un atout majeur : ses terres fertiles et son climat propice à plusieurs autres spéculations agricoles.
Diversifier pour gagner toute l’année
Diversifier ses cultures, c’est se donner la chance d’avoir de l’argent à toutes les périodes de l’année. Plusieurs cultures peuvent très bien cohabiter avec le cacao ou occuper les espaces non utilisés. Parmi elles:
Le plantain, très demandé sur nos marchés, assure un revenu régulier toute l’année.
Le manioc, facile à cultiver et transformable en gari, bâtons ou couscous, représente une source de revenus rapide et constante.
Le maïs, dont la demande est forte auprès des ménages et des éleveurs.
Les légumes (tomate, piment, gombo etc.), qui offrent des récoltes rapides et des rentrées d’argent mensuelles.
Les fruits tropicaux comme l’ananas, la papaye ou la banane douce, qui peuvent compléter harmonieusement les revenus du cacao.
Cette diversification ne veut pas dire abandonner le cacao, mais plutôt équilibrer les sources de revenus.
En combinant cultures de rente et cultures vivrières, le producteur devient plus résilient face aux imprévus financiers.
Vers une agriculture prospère
La diversification agricole permet non seulement de sécuriser les revenus, mais aussi de préserver la fertilité des sols. En alternant les cultures, on limite
l’épuisement des terres et on maintient un équilibre écologique favorable.
Aujourd’hui, il est temps que les cacaoculteurs de la LEKIE adoptent une vision plus large de leur activité: le cacao peut rester le pilier pour ceux qui le souhaitent, mais non la seule source de richesse.
En exploitant la diversité des potentialités locales, la LEKIE peut devenir un modèle d’agriculture équilibré , prospère et durable.
